L'Écailler du Palais Royal ouvre en 1967 rue Bodenbroek, dans une maison de maître au pied du Grand Sablon, à quelques pas du Palais Royal et du Mont des Arts. L'idée est simple et n'a pas bougé : le meilleur poisson, les meilleurs coquillages, servis sans manières mais avec un service de grande maison.
La singularité du lieu, c'est son comptoir en fer à cheval — l'oyster bar. On s'y installe seul ou à deux, face aux écaillers, avec une douzaine d'huîtres et un verre de blanc. Derrière, une enfilade de petits salons boisés, banquettes vertes, lampes à abat-jour et nappes blanches : une atmosphère de club, discrète, où l'on parle bas.
La carte tourne autour du produit : caviar Royal Belgian, huîtres Gillardeau « La Valentine » et Fines de Claire d'Oléron, anguilles fumées, saumon fumé artisanal Label Rouge, croquettes de crevettes grises de nos côtes, raviolis de homard, homard bleu breton.
Côté plats, ce sont les classiques que la maison défend depuis un demi-siècle : la bouillabaisse de poissons de roche au jus de Pastis, la sole de nos côtes meunière, grillée ou grenobloise au prix du jour, le suprême de turbot aux coquillages, et surtout le bar de ligne en croûte de sel, découpé en salle et servi en deux services.
Le quartier — antiquaires, galeries, chocolatiers du Sablon — a beaucoup changé ; L'Écailler, lui, est resté ce qu'il est : une maison où l'on vient pour manger du poisson, et rien d'autre.